APASHE : l'homme derrière l'artiste, un parcours et un style singuliers

Getting Personal with APASHE: The Journey and the Style

 Il y a des écrivains qui s'essayent, et il y a ceux qui consacrent des décennies à leur art. APASHE fait clairement partie de cette dernière catégorie. Maître franco-canadien du wildstyle technique, il a passé plus de vingt ans à laisser sa marque, des murs réglementés de Montréal aux ruelles ensoleillées et brutes de Marseille. Mais au-delà de la peinture, du wildstyle et de l'adrénaline, il y a une philosophie de la liberté et de la vie en mouvement. Nous nous sommes entretenus avec APASHE pour parler du marathon du graffiti, de la différence entre un rendu 3D et un mur en béton, et de la raison pour laquelle il ne se soucie pas de son héritage.

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 Partie 1 : Le long chemin

 Nous sommes revenus aux origines, en l'an 2000. En repensant à ce jeune homme tenant sa première bombe, nous lui avons demandé quels rêves ambitieux lui trottaient dans la tête à l'époque.

APASHE : « Quand j'ai commencé le graffiti, mon seul objectif était de réaliser la meilleure pièce possible. Je ne pensais pas beaucoup à l'avenir. »

 C'est un objectif simple, mais qui l'a porté pendant deux décennies. Naturellement, nous nous sommes demandé si la réalité de sa vie aujourd'hui correspondait à cette mentalité initiale.

APASHE : « Oui, je pense que je suis plutôt satisfait du travail que je fais. »

Le graffiti est souvent décrit par des mots comme créativité, partage et couleur. Nous avons demandé à APASHE de tout dépouiller et de choisir le principe le plus vital qui définit son art.

APASHE : « Pour moi, la liberté est la plus importante car elle conditionne toutes les autres. »

 Bien sûr, une vie consacrée à la peinture murale a généralement un prix, qu'il s'agisse de problèmes juridiques, de relations ou de temps. Lorsque nous l'avons interrogé sur le coût personnel de son dévouement, sa perspective était étonnamment optimiste.

APASHE : « Je ne peux pas dire que j'ai beaucoup payé avec le graffiti. J'espère avoir plus gagné que payé. ;) »

 De nombreux artistes ont ce « moment de révélation » – une pièce spécifique qui confirme qu'ils sont sur la bonne voie. APASHE, cependant, le voit différemment.

APASHE : « Je n'ai pas de moment précis, je pense que c'est plus une évolution sur le long terme qui est importante. Je pense que le graffiti est plus un marathon qu'un sprint. »

Partie 2 : De Montréal à Marseille

 APASHE est connu pour son wildstyle intense et technique. Se tenir devant un mur, essayant de réaliser ce flux parfait, n'est pas toujours une expérience zen. Nous lui avons demandé si cela ressemblait à une méditation ou à un combat.

APASHE : « Pour moi, c'est une bataille constante, je ne veux pas faire la même chose à chaque peinture. Cela implique que je dois souvent sortir de ma zone de confort donc parfois, ça marche, parfois non... »

Son travail s'étend sur deux environnements très différents : les réglementations plus strictes de Montréal et l'ambiance plus lâche et plus rude de Marseille. Nous lui avons demandé où il se sentait le plus authentiquement lui-même.

APASHE : « Bien sûr, je pense que la ville influence ma façon de peindre. À Montréal, je peignais principalement sur des « murs légaux ». À Marseille, c'est plus du bombing et des endroits abandonnés. Je préfère honnêtement la deuxième ambiance qui est plus intéressante pour moi... »

Ses œuvres sont souvent des puzzles complexes de lettres accompagnées de personnages. Nous étions curieux de savoir comment il équilibrait ces deux éléments distincts.

APASHE : « J'aime quand le personnage interagit avec les lettres et l'arrière-plan. Cela permet de raconter une véritable histoire. Pour moi, travailler sur les lettres et sur les personnages sont des choses profondément différentes mais complémentaires. »

De jour, APASHE est un artiste 3D et infographiste professionnel. Nous lui avons demandé si cette discipline numérique restreignait sa spontanéité dans la rue, ou si elle l'aidait à structurer son wildstyle.

APASHE : « Pour moi, c'est juste un autre outil mais je fais rarement exactement ce que je fais en infographie sur les murs. Je préfère m'exprimer sur les murs indépendamment de ce que je fais en infographie. » 

Partie 3 : Les idées fausses et l'avenir Après vingt ans dans le milieu, on entend beaucoup de choses du monde extérieur. Nous lui avons demandé quelle était la plus grande idée reçue ou le plus grand malentendu que le grand public a encore sur les writers.

 APASHE : « Sans aucun doute, le fait que les gens confondent toujours graffiti et tag. »

 S'il pouvait remonter le temps pour rencontrer l'enfant de 2000 qui prend sa première bombe, quel conseil lui donnerait-il ?

 APASHE : « Je lui dirais de rester lui-même... »

Enfin, nous avons abordé le lourd concept d'« héritage ». Nous lui avons demandé comment il espérait que la prochaine génération se souvienne de son style. Sa réponse fut d'une humilité rafraîchissante.

 APASHE : « Pour être honnête, je ne pense pas que mon style sera retenu par la prochaine génération et je ne m'en préoccupe pas. La prochaine génération doit être libre comme les autres. »

 

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